Ce blog est un atelier : vous y voyez l'écriture en train de se faire, la mienne. Les mémoires que je croise entre les Marquises et le Bénin. Besoin d'Écrire est l'autre pièce de cet atelier : l'espace où, votre propre histoire peut à son tour trouver sa forme, accompagnée. On ne passe pas de l'un à l'autre comme on change de site. On continue, le même chemin, celui qui va d'écrire à transmettre.
Un droit à l’oubli ou un droit à mourir ?
La mémoire et l’identité ne sont pas toujours des choix. Parfois, elles nous échappent, comme la vie elle-même. Aujourd’hui, en France le droit à l’aide à mourir est institué, encadré par des règles strictes, une ligne fragile entre choix et nécessité.
Un texte officiel définit les conditions : être majeur, être résident, souffrir d’une affection grave et incurable, une douleur chronique et incontrôlable. Mais peut-on réellement enfermer une décision aussi intime dans un cadre législatif ?
Ainsi, une souffrance psychologique seule ne suffit pas ; il faut que la douleur soit physique, réfractaire aux traitements, insupportable. Mais où placer la frontière entre le désespoir silencieux et la douleur que l’on juge digne d’être soulagée par une aide ultime ? En clair, la douleur n'est telle que physique ?
Alors, est-ce seulement une loi ou un aveu silencieux que, parfois, malgré tous les efforts, la société ne sait pas toujours panser certaines blessures ?
Est-ce une forme d’oubli organisé, où l’on permet à la douleur de disparaître de manière définitive ?
Dans cette nouvelle réalité où l’on encadre jusqu’au dernier souffle, je me demande : rappelle-moi qui je suis.
Celui qui s’interroge sur la place de la souffrance dans la société ? Celui qui cherche un sens à la mémoire d’un peuple et à l’identité d’un individu ? Ou simplement celui qui tente, malgré tout, de comprendre si l’oubli peut être un choix autant qu’une délivrance ?